Le Stingray

Henri Garnier, qui présente ici sa version du Stingray est un pilote très expérimenté: il pratique la voltige planeur depuis de très nombreuses années et avec son frère Alain, ils constituaient une équipe redoutable. Ils avaient conçu d’excellents modèles dont le Galapiat que j’ai souvent retrouvé en compétition face à mon Quartz. J’ai eu le plaisir de retrouver Henri et je lui ai demandé son avis sur le Stingray, planeur qui ne peut laisser indifférents les amateurs de voltige. C’est donc l’avis d’un pilote qui sait de quoi il parle: il sait construire et il sait piloter. Laissons lui la parole:

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STINGRAY X Models:

Pratiquant de longue date la voltige planeur RC et ayant trouvé mon terrain de prédilection sur les sites littoraux, j’ai souhaité faire l’acquisition d’un planeur tout composite adapté aux conditions très ventées.
Envisageant un planeur d’environ trois mètres d’envergure et ne négligeant pas l’aspect esthétique, mon choix s’est porté sur le Stingray X Models (2.90 m), fabriqué en Italie et inspiré d’une réalisation de Giuseppe GHISLERI. Le gros fuselage, les proportions générales (notamment un bras de levier arrière suffisant), le succès de ce modèle largement diffusé et son rapport qualité-prix ont été des arguments d’achat. J’ai écarté les Stingray (2.75 et 3.30 m) fabriqués en Allemagne par Wings and More, certes de meilleure finition mais aussi nettement plus onéreux.
Je me suis procuré le kit X-Models auprès de Jean-Jacques OLIVIER, gérant le site plane-expert, pour un peu plus de 700 euros en septembre 2013, sachant que j’ai opté pour la version la moins lourde, soit environ 4 kg. à vide. X-Models propose aussi une version dite « heavy slope », encore plus solide, dépassant les 5 kg. à vide, avec des ailes renforcées kevlar-carbone plus lourdes de près d’un kilo (pour les deux).

MONTAGE:

L’ensemble est de bonne qualité, il n’y a que quelques défauts mineurs de finition, mais encore une fois le rapport qualité-prix est très satisfaisant sachant que ce modèle n’est pas un « prêt à voler » et qu’il nécessite du travail personnel.

Le kit comprend :
-fuselage en fibre de verre (renforcé carbone-kevlar au niveau de la jonction avec les ailes et par des bandes de carbone), fourreau de clé d’aile en place. Plan de joint assez marqué.
-ailes en fibre, déjà bien assez lourdes à mon goût (plus d’un kg par aile), très solides (avec différence de 50 grammes entre les deux sur mon exemplaire). Ailerons et volets sont articulés à l’extrados, sans lèvre à l’intrados (persistance d’un interstice entre aile et gouvernes, engendrant un bruit caractéristique en vol rapide).
-stabilisateurs monoblocs et dérive en fibre de verre (dérive amovible, articulée au centre).
-verrière transparente à découper et cadre de verrière en fibre.
-clé d’aile acier (diam. 16 mm).
-clés de stab acier (diam. 6 et 3  mm), tube laiton et deux roulements à billes pour installer le stab dans le pied de dérive.
Mon kit ne s’accompagnait pas d’instructions de montage mais de nombreuses informations sont consultables sur les forums:

rcgroups.com     rcmf.co.uk     rc-network.de   cmsmodell.ch

baronerosso.it    développe aussi une version en 2.50m….

On trouve également, sur le site plane-expert, un lien pour des photos du montage d’un Stingray X-Models « électrifié », digne d’intérêt. Le site suisse cmsmodell.ch montre des photos d’installation radio (horlogerie suisse !) sur trois Stingray X-Models.
Quoiqu’il en soit, ce montage s’adresse à des modélistes expérimentés.

Pour le fuselage, j’ai confectionné une platine radio en CTP 5 mm, de grande taille (plus grande que l’ouverture de la verrière) renforcée avec du tissu de verre remontant sur les flancs du fuselage. Il faut prévoir également des entretoises CTP au niveau de la jonction avec les ailes, aux bords d’attaque et de fuite (pour éviter l’écrasement du fuselage). Les trous prévus pour les CAP de centrage des ailes étaient, après vérification, percés aux bons endroits (aucune différence d’incidence entre les ailes).

A l’arrière, il faut installer le tube laiton et les deux roulements à billes pour recevoir la clé 6 mm des stabs (les évidements prévus au moulage dans les karmans de stab sont bien positionnés, ce qui aide à faire une bonne mise en croix). A prévoir également une âme de dérive, en prêtant attention à un éventuel vrillage de la partie fixe (qu’il a fallu corriger sur mon exemplaire). Il est prévu que les stabs tiennent en place grâce à des aimants mais l’un d’eux s’est décollé au premier essai. J’ai donc préféré une fixation par un arrêt de roue collé dans l’emplanture de l’un des stabs. Afin de réduire les moments d’inertie, j’ai refait un volet de dérive plus léger (balsa + carbone) en l’agrandissant au passage, supprimé l’étambot et fabriqué un renvoi de stab à 90° pour installer le gros servo de profondeur à l’avant. Certains modélistes préfèrent le placer dans le pied de dérive pour une commande plus directe.

Pour les ailes, il n’y a pas de difficulté particulière. Il faut confectionner les tringleries et guignols pour les gouvernes. Pour solidariser les ailes au fuselage, j’ai adopté la solution utilisée par G. GHISLERI, à savoir un collier serre-câbles (300 x 3.5 mm), reliant deux œillets vissés à l’emplanture des ailes, à travers le fuselage. C’est suffisamment solide en vol et peut agir comme fusible en cas d’atterrissage rude.

L’installation radio nécessite des servos puissants et sans jeu. Nombreux sont ceux qui recourent à des servos HV avec une alimentation LiPo. Ayant un émetteur Futaba un peu ancien, j’en suis resté à une alimentation 6 V, avec redondance (2 batteries  2.4 Ah et DPSI BIC Emcotec).

La profondeur est actionnée par un tube carbone de gros diamètre très rigide mais léger, la direction par câbles aller-retour.  Pour les gouvernes d’ailes, prévoir obligatoirement des servos suffisamment « coupleux », en renforçant de plus les axes de sortie avec des paliers à roulements à billes. Je ne l’avais pas fait au départ et un de mes servos (un peu limité il est vrai, s’agissant d’un servo de 10 mm d’épaisseur) a rendu l’âme en vol lors d’une séance de voltige par 80 km/h de vent. J’emploie depuis des servos de 15 mm d’épaisseur pour les ailerons, 20 mm pour les volets (plus exposés à l’atterrissage en position AF crocodile).

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REGLAGES ET VOL:

Il convient de garder à l’esprit que ce planeur nécessite, sauf si on envisage de le motoriser (hélice, turbine, voir les forums et diverses vidéos sur le web) ou de le remorquer, une pente à bon rendement. Faute de quoi il fera un parfait squatteur de placard.
Son profil Selig 6061 n’est pas forcément celui que j’aurais choisi spontanément mais au final, avec un quadroflap couplé à la profondeur, il est convaincant à l’usage : performant en voltige tout en gardant du rendement. Ce profil ne craint pas une charge alaire élevée (elle est même nécessaire aux qualités de vol selon les concepteurs du Stingray, qui préconisent 80 à 110 g/dm2, soit un planeur de 5.3 à 7.3 kg. en ordre de vol). Le mien vole avec une charge de 80 g/dm2 et pourrait facilement supporter davantage. Cependant, par goût personnel et suivant mes habitudes en voltige, je ne suis pas allé au-delà (je n’aime pas les planeurs très chargés et quitte à augmenter la charge alaire, je place le ballast le plus près possible du centre de gravité).
Mon centrage est à environ 110 mm du bord d’attaque, à l’emplanture de l’aile mais déterminé plus précisément par le test du piqué (j’opte pour une trajectoire parfaitement neutre, le planeur ne redressant ni n’accentuant le piqué). J’ai conservé le réglage d’incidence d’aile prévu d’origine et qui donne un très bon compromis.  Cette valeur pourrait je pense être réduite pour une pratique exclusive de la voltige en forte portance.
Sur mon planeur, la position 0 du stab, pour un test de piqué  neutre, ne correspond pas au karman de stab moulé sur le fuselage mais, présente, par rapport à celui-ci, un angle piqueur. On a ainsi un V longitudinal très réduit.

Valeurs des débattements, à titre indicatif:

Ci-après les débattements utilisés sur mon Stingray.
Encore une fois, ce sont des réglages personnels donnés à titre purement indicatif.

PROFONDEUR :
cabré:    18 mm
piqué:    15 mm
compensation piqué en sortie d’AF croco   4 mm
(mesures à l’emplanture)

FONCTION AILERON :
volets:      8 mm haut   5 mm bas
ailerons:   11 mm haut   8 mm bas
(volet mesuré à l’emplanture, aileron au saumon)

FONCTION VOLET
volets:     4 mm haut   5 mm bas
ailerons:   2 mm haut   3 mm bas

NB : volets sur manche de droite cranté sans ressort de rappel. Point neutre repéré en retirant une dent sur le mécanisme cliquet du potentiomètre. Le taux de volet peut ainsi être réglé à la demande, avec précision (cran par cran)

MIXAGE PROF -> QUADROFLAP
volets:     6 mm haut   6 mm bas
ailerons:   3 mm haut   3 mm bas

 

Le mixage quadroflap-profondeur permet une utilisation optimisée des gouvernes (plus d’efficacité pour moins de débattement donc moins de traînée). Je n’utilise pas d’expo, préférant conserver toujours une réponse linéaire directement proportionnelle à l’action des manches.

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EN VOL:

Le Stingray donne sa pleine mesure lorsqu’il dispose d’une dynamique forte et laminaire. A l’opposé d’un « ultrabatic », son domaine est la voltige balistique (il a été optimisé pour cela et n’est pas un planeur de petit temps). Je l’ai utilisé principalement sur des pentes littorales, entre 20 et 80 km/h de vent. Il passe toutes les figures classiques, qui ne nécessitent pas un stab débattant à 180 degrés. Il a un comportement sain, à la fois neutre et précis, comme on le demande à un voltigeur. Les prises de vitesse sont franches, sa charge alaire permet une forte rétention d’énergie, très appréciable dans les figures verticales ou complexes (par exemple huit vertical, même carré, cercle en tonneaux, etc…) et dans les enchaînements. Les trajectoires sont stables, tendues. En particulier, il a une bonne tenue d’axe dans les tonneaux lents.
Avant de l’essayer en voltige, je redoutais que les ailes aient trop d’inertie mais ce n’est pas le cas en pratique, les tonneaux 4 et 8 facettes sont faciles, avec des arrêts francs. De même, le déclenché au sommet d’une avalanche est très net, avec un arrêt précis, ce qui est un très bon indicateur.
L’atterrissage ne pose pas de difficulté avec des aérofreins crocodiles, qui nécessitent une compensation à piquer.
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En complément:

Caractéristiques du Singray grandeur:  http://stingrayacro.w.interiowo.pl/english.htm

Des images de la construction par Luc Gautier sur le Forum aéromodélisme.com :

https://plus.google.com/photos/118168518523466414138/album/6099466899782533969

Sur Youtube:

Vol à PechDavid, près de Toulouse:

Beaucoup d’autres images de vol notamment en Italie sur youtube.

Sur RC soaring un article consacré au prototype modèle réduit:

http://www.rcsoaringdigest.com/pdfs/RCSD-2007/RCSD-2007-11.pdf

Fiche technique de la version X-Model fournie par Marco Berti:

Poids mini en ordre de vol de 5.5 kg.
Technical data:
• WING SPAN: 2,90 m
• LENGTH: 1,75 m
• WINGS AREA: 66 dmq (elevator excluded)
• IN-FLIGHT WEIGHT FROM: 5.5 Kg (Standard) – 6.5 Kg (Heavy Slope)
• COMMANDS: Aleirons, Flaps, Elevator, Rudder
• WINGS PROFILE: S6061 mod.
• WINGS JOINTER: 16mm special steel

  • Fuselage (avec dérive, cadre de verrière, verrière) : 1.040 kg
  • 1/2 Ailes : 1.030 kg
  • Clé d’aile acier : 0.780 kg
  • Profondeurs : 0.170 kg

Remarquer ici la propreté de l’installation.

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